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La CIAP Pays de la Loire relève le défi du renouvellement agricole en région

Le 07 juin dernier, la CIAP Pays de la Loire a organisé un colloque sur Nantes autour de la thématique suivante : Réussir le défi du renouvellement des générations agricoles en accueillant des personnes non issues du milieu agricole.

Depuis la fin de l’année 2014, dans chaque département des Pays de la Loire existent désormais des « Coopératives d’Installation en Agriculture Paysanne ». Le modèle CIAP, s’est créé en 2012 en Loire-Atlantique puis s’est étendu sur l’ensemble de la région. Depuis 2017, les CIAP ont créé une SCIC CIAP PDL afin de fédérer et regrouper les 5 structures départementales. Créée par des paysans et organisations membres ou proches de la Confédération paysanne, alliés avec l’ESS et la société civile, la CIAP aide les agriculteurs-paysan à s’installer grâce à un accompagnement spécifique aux problématiques des territoires ruraux.

La CIAP propose trois formes d’accompagnement à toute personne porteuse d’un projet.

1/ la couveuse en maraichage, pour mettre en place et gérer un plan de production sans prise de risque financier et social. La Ciap propose un « espace test » spécifique au maraîchage bio.

2/ le stage paysan créatif, pour ancrer son projet localement et mobiliser les ressources du territoire au service de l’installation (accès au foncier, débouchés commerciaux, entraide…) Le candidat paysan est officiellement stagiaire de la formation professionnelle qui lui assure couverture sociale et indemnisation minimum.

3/ la coopérative d’activité et d’emploi pour démarrer progressivement comme entrepreneur salarié ou sous statut CAPE avec un dispositif de préfinancement des premiers investissements pour prendre le temps de gagner en légitimité concrète (production, commercialisation,…) auprès des financeurs notamment.

 

 

La CIAP active depuis 6 ans les solidarités paysannes sur les territoires pour permettre aux personnes non issues du milieu agricole de s’installer. Plus que l’accès aux moyens de production, c’est tout le lien et l’insertion dans le milieu agricole existant et l’activation des systèmes d’entraide qui est au cœur de l’action. L’objectif est bien de répondre au renouvellement des générations en agriculture et d’assurer le maintien du nombre et la transmission des fermes sur les territoires.

Cette alliance des organisations paysannes et de l’ESS avec le soutien des citoyens a fait des petits. Le projet interrégional, né il y a trois ans, était un moyen de mobiliser des financements européens pour conforter notre action en Pays de Loire et pour nourrir les mobilisations en Bretagne, Normandie, Poitou Charentes et Centre Val de Loire.

Trois ans après, le bilan est enthousiasmant avec des CIAP sur tous les territoires concernés. Les objectifs et perspectives sont partagées par l’ensemble les politiques présentes dès le départ comme Philippe Grosvalet pour le Département de Loire Atlantique ou ceux récemment mobilisés en Région Centre Val de Loire ainsi que par les Paysans des ADEAR (Associations pour le Développement de l’Emploi Agricole et Rural) et Stéphane Bossuet Président du réseau Coopérer pour Entreprendre.

En Pays de Loire, avec 100 porteurs de projet accompagnés par an dont plus de la moitié s’installent, les effets commencent à se faire sentir. La présence de ces paysans créatifs organisée sur les territoires crée de nouvelles références pour l’installation hors cadre familial :

  • organiser le soutien des installations hors cadre familial en post installation : comment pallier à l’absence de coup de main familial ou de réseau de ressources pour faire face aux imprévus? si on structurait des réseaux de jeunes retraités? si on utilisait le statut coopératif pour réfléchir le portage mutualisé de l’entraide y compris en lien avec les services de remplacement?
  • transformer le rapport au capital et au travail dans les entreprises agricoles : l’évidence de l’installation individuelle capitalisée s’efface devant ces nouvelles générations de paysans créatifs. Culture SCOP, entrepreneur salarié associé, autant de pistes qui permettent de repenser le capital d’exploitation collectivement et la rémunération du travail pendant l’exercice de l’activité plutôt qu’à la retraite. Ainsi, l’entrée et la sortie dans le métier peut aussi s’envisager différemment..; et la transmission des fermes également.
  • soutenir le financement de l’installation y compris sur des systèmes de productions qui ne sont pas dans les standards des banques. La CIAP permet d’amorcer l’activité et fournit la meilleure garantie qui soit : celle de  la réalisation concrète et l’activation de l’entraide locale qui agit comme une caution territoriale. Plus qu’un fonds de garantie, c’est par la logique du fonds d’amorçage que se fait l’effet levier. Une ligne d’argumentaire est à développer auprès des collectivités et des institutions.

Le pari est lancé, les premières pistes concrètes sont explorées et tout le monde est prêt à poursuivre les travaux. Réponse de l’appel à projet suivant au mois de juillet et mobilisation pour la continuité du projet au cœur de l’Agriculture Paysanne au deuxième semestre 2018.